Livy Etoile

~ Une pincée de rêve, un soupçon de bonheur ~

06 juin 2008

Le printemps du cinéma [mais selon moi]

Parce qu'on ne peut pas tout faire en même temps et que je ne suis peut-être pas si multitâches que je le pensais, j'ai passé un temps fou dans les salles obscures ces trois derniers mois afin de tirer du cru cinématographique 2008 les pires navets tout ce qu'il pouvait y avoir de meilleur ... et ce, sans même le mentionner dans mon blog un tant soit peu!
Au programme, des soirées entières à enchaîner les longs-métrages, des après-midis pluvieux à me réfugier dans quelques cinémas de proximité et surtout, une pléiade de films visionnés, tous styles confondus, qui n'ont pas manqués de me surprendre, me faire rire, me décevoir, m'ennuyer, me distraire, me mettre les larmes aux yeux, me transporter... Bref, provoquer en moi une palette d'émotions aussi intense que variée, qui me fait demeurer encore toute frissonnante dans ce qu'elle a de positif comme de négatif et qui m'a permis une fois de plus de laisser libre cours à mon ressenti et mon esprit critique.
Un léger retour sur quelques films marquants s'imposait donc...

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A_bord_du_Darjeeling_Limited

A bord du Darjeeling Limited de Wes Anderson
Ca parle de quoi?
"Trois frères qui ne se sont pas parlé depuis la mort de leur père décident de faire ensemble un grand voyage en train à travers l'Inde afin de renouer les liens d'autrefois..."

Coup de coeur de ce printemps, les mots me manquent quelque peu pour décrire ce "train movie" entraînant, aussi incroyable que touchant, décalé que mélancolique.
La profondeur du scénario, soigné tant par le choix des mots que dans les réparties percutantes des protagonistes l'emporte sur une légèreté apparente, légèreté renforcée par les aventures abracadabrantes de nos trois compères, tant et si bien qu'à mi-chemin entre une petite larme d'émotion et le sourire aux lèvres, on hésite encore.
C'est un film haut en couleurs que nous offre Wes Anderson cette fois, film dans lequel on voyage autant que les personnages, se laissant dépayser à souhait par le souci des détails et les couleurs envoûtantes qui nous feraient presque humer sur grand écran toutes les senteurs que peut offrir l'Inde.
Au milieu de paysages lointains et du périple inattendu de ces trois frères très "grands enfants" dans leur façon d'être,  une réelle sympathie gagne le spectateur pour ne plus le quitter et l'histoire, a priori simple et déjà vu d'une famille que la vie a séparé se transforme au final en une aventure drôle, tonique et subtile, teintée de moments forts et imprévisibles, déjantée parfois, un brin burlesque et forte en émotions oui, mais surtout bien loin des clichés que le pitch du film avec la mention "aventure humaine" mise en évidence pouvait laisser supposer.
A bord du Darjeeling limited est un film touche-à-tout, laissant derrière lui un parfum de spiritualité, un humour dévastateur, une quête de l'absolu et une vision critique de la famille et des relations humaines en général, porté par un trio d'acteurs talentueux et assurément crédibles dans leurs rôles respectifs.
Ajouter à cela un aspect gentiment décalé renforcé par le court-métrage d'introduction perturbant et charmant à la fois et le film prend toute son ampleur.
Un moment fort de ce printemps donc, et qui n'est pas sans rappeler un certain Little Miss Sunshine et autres films de cette lignée, dans un état d'esprit émotionnellement touchant et détonnant à la fois que décidemment j'apprécie beaucoup.

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Funny_Games_US

Funny Games US de Michael Haneke
Ca parle de quoi?
"Ann, George et leur fils sont en route vers leur résidence secondaire pour y passer l'été et retrouver leurs voisins et amis. Mais un mystérieux jeune homme, fort poli au demeurant, débarque dans leur propriété... Dés lors, les choses prennent vite une tournure étrange et débouchent sur une explosion de violence."

Un film trépidant que signe là Michael Haneke en effectuant un remake de son propre long-métrage réalisé en 1997.
Considéré comme choquant à l'époque et pas toujours très bien accueilli par la critique, il récidive en 2008,  imposant une nouvelle version assurément réussie, peut-être encore plus cruelle que la première, faisant alors monter l'intensité à son paroxysme au moyen d'un talent évident.
Pire qu'un film d'horreur dans sa violence contenue, son calme apparent et un jeu d'acteurs carrément époustouflant, Funny Games US nous fait frémir de terreur en possédant un atout majeur:  le scénario est loin de n'être qu'imaginaire car portée par le fruit d'une intelligence perverse et machiavélique, un telle histoire pourrait bien se produire dans la réalité.
Insoutenable par moments, le jeu malsain, minutes par minutes, gagne du terrain et le film, sorte de huis-clos terrifiant de manipulation, s'en va crescendo dans l'horreur et le cauchemar, laissant le spectateur à sa réflexion sur l'humanité et la violence qu'elle peut engendrée, réflexion voulue par Haneke de toute évidence.
La mise en scène est propre, impeccable même et dérange par ce trop plein de perfection qui ne peut qu'entraîner un malaise latent et une angoisse quasi-constante durant les deux heures (ou presque) de cruauté que nous offre le film.
La performance de Michael Pitt (déjà remarquable dans Last days de Gus Van Sant pour n'en citer qu'un) ne fait qu'accroître l'efficacité du film, plus stressant que percutant, et plus vicieux qu'effrayant à bien y penser.
Terrifiant, cruel, malsain, paradoxal, étrange, intense, pervers...
Autant de mots pour qualifier l'inqualifiable, et inoubliable, assurément.
Du grand art à mes yeux, où la souffrance poussée à son stade ultime et l'intelligence des bourreaux se trouvent transcendés par une bande-originale contrastée qui sied à merveille à l'ensemble.

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Deux_jours___tuer

Deux jours à tuer de Jean Becker
Ca parle de quoi?
"Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux mais un jour, il décide de tout saboter en un week end.
Que s'est-il passé chez cet homme pour qu'il change si étrangement de comportement?"

Parmi les films français sortis récemment, Deux jours à tuer, bien que présentant quelques défauts, me semble être le plus marquant tant par l'émotion évidente provoquée par le scénario que par le jeu d'Albert Dupontel dont le talent n'est plus à démontrer.
D'un cynisme avéré, le personnage principal, Antoine, a ce côté dérangeant qui provoque aussi bien la haine que la compassion dans une incompréhension certaine et une analyse complexe des émotions engendrées.
Si les scènes du début dégagent une ironie plaisante, le côté odieux d'Antoine, très présent notamment pendant le fameux moment du dîner entre amis, possède cet aspect jubilatoire et sombre qui nous force à aimer le personnage de par son côté brut, écorché vif, éternellement tourmenté et atteint de cette sorte de franchise démentielle qu'on lui envierait presque.
De fil en aiguille, Antoine se dévoile sans cesse un peu plus à nous, révélant une nature toute autre et emprunte de paradoxes.
Alors évidemment, les séquences tournées en Irlande présentent quelques longueurs...
Evidemment, la fin se laisse deviner un peu trop rapidement à mon goût, enlevant ainsi une part de crédibilité au film...
Mais pourtant, on marche quand même parce que les scènes se succédant sont jouées à la perfection et que l'émotion ne manque pas d'être au rendez-vous. Les dialogues, bien pensés, sonnent justes et prêtent à sourire autant qu'ils sont grinçants tandis que la souffrance du héros, communicative, heurte notre sensibilité.
Certains trouveront la fin un peu trop mélodramatique peut-être et pourtant, Deux jours à tuer s'achève comme il a commencé, sur une leçon de vie incroyablement bien racontée, touchante, prenante et dont la tristesse n'a d'égale que la beauté du film.

*

Pêle-mêle

Plutôt pas mal du tout
Rec de P. Plaza et J. Balaguero
Deux soeurs pour un roi de Justin Chadwick
MR 73 de Olivier Marchal

Bien sans plus
Le grand alibi de Pascal Bonitzer
Cleaner de Renny Harlin
Les femmes de l'ombre de Jean-Paul Salomé

Distrayant
Jackpot de Tom Vaughan
Tu peux garder un secret? de Alexandre Arcady

Décevant
Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal de Steven Spielberg
15 ans et demi de François Desagnat

Hors-concours ;)
Horton de Jimmy Hayward et Steve Martino

-Livy-

Non, ce n'est certainement pas un oubli
que de ne pas avoir mentionné "Sex and the City, le film".
Mais pour lui tout seul,
J'écrirai un billet complet...

Posté par livy_etoile à 08:00 - Comme au cinéma - Commentaires [1] - Permalien [#]
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Commentaires

  • C'est vrai qu'on passe un très bon moment en regardant "A bord du Darjeeling in limited". Le jeu d'acteur est très très bon.

    Jackpot, un film sans prétention mais qui ma fait bien rire. Et exploit, la bande annonce ne dévoilait pas tous les gags à l'avance.

    Posté par John C., 09 juin 2008 à 19:20

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