Livy Etoile

~ Une pincée de rêve, un soupçon de bonheur ~

21 mars 2014

Et un, et deux, et trois livres à ne pas manquer...

Parmi tous les romans dévorés ces derniers mois (et l'on sait combien l'hiver est propice à cela), il en est certains qui, d'une manière ou d'une autre, ont su se détacher du lot et heurter mon imaginaire autant que ma réalité. Des ouvrages percutants, envoûtants, voire déroutants, du genre à me faire voyager dans des contrées étranges et souvent sombres, captive des mots comme du récit, le temps de quelques nuits blanches et d'avantage de trajets en métro. À la clé bien sur, de fugaces déceptions mais plus encore une émotion digne de ce nom; l'art d'absorber des phrases qui ne nous quittent plus jusque dans la rue, et de se replonger dès que possible dans d'inextinguibles aventures. Se voir y croire, sursauter, savourer ce plaisir et puis sourire. Aussi avais-je l'envie de partager ce billet un brin littéraire, et peut-être même vous faire trembler, avec comme thématique le fantastique et le policier. Un programme qui ne saurait faillir si tant est qu'il se gorge de livres de qualité. Laissez-moi alors vous guider vers ces lectures énigmatiques dans lesquelles j'espère ardemment vous pousser avec une saine curiosité... ou bien, pourquoi pas, vous les remémorer !

 



Attention, coup(s) de coeur !

Les Apparences de Gillian Flynn

Les apparences

"Amy et Nick forment en apparence un couple modèle. Victimes de la crise financière, ils ont quitté Manhattan pour s'installer dans le Missouri. Un jour, Amy disparaît et leur maison est saccagée. L'enquête policière prend vite une tournure inattendue: petits secrets entre époux et trahisons sans importance de la vie conjugale font de Nick le suspect idéal. Alors qu'il essaie lui aussi de retrouver Amy, il découvre qu'elle dissimulait beaucoup de choses, certaines sans gravité, d'autres plus inquiétantes. Une véritable symphonie paranoïaque, dont l'intensité suscite une angoisse quasi inédite dans le monde du thriller."

Et alors ?

Polar bien ficelé et cruellement réaliste, Les Apparences porte son titre avec brio et nous livre une histoire dans tous ses états, banale ritournelle d'un quotidien sournois. Doté d'un suspense haletant et riche en rebondissements, le roman nous pousse ainsi à prendre parti et osciller allègrement entre chacun des deux protagonistes sans pour autant être fixé durant un long moment. C'est que le contexte, aussi brutal qu'inhabituel, tue la routine à grand renfort de dommages collatéraux. Chapitre après chapitre, les retournements de situation se font légion, très agréables au demeurant, dans un style d'écriture contemporain assez simple mais ultra-efficace de par son dynamisme. Ballottés de la sorte, on se plaît alors à dérouler les indices et enchaîner fausses pistes et vérités, tels les témoins muets d'une vraie perfidie, laissant la machiavélique machination se dérouler sous nos yeux... Il demeure qu'en dépit d'un final un tantinet en dessous de l'ensemble, on retiendra l'intelligence d'un livre qui nous mène par le bout du nez autant qu'il nous fait participer, dans son excédent d'idées bien volontaire. Et au-delà, un état d'esprit borderline, délicieusement psychotique et anxiogène à souhait, mais pourtant toujours viable. Du grand art. 

 

Un avion sans elle de Michel Bussi

Un avion sans elle

"Lyse-Rose ou Émilie ? Quelle est l'identité de l'unique rescapée d'un crash d'avion, une fillette de trois mois ? Deux familles, l'une riche, l'autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée "Libellule". Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l'affaire, avant d'être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête. Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu'à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, la jeune femme va dénouer les fils de sa propre histoire jusqu'à ce que les masques tombent. Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ? Ou bien quelqu'un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?"

Et alors ?

Léger et prenant à la fois, Michel Bussi nous propose avec Un avion sans elle un roman policier ambitieux qui tient la route du début à la fin et nous dupe allègrement pour mieux nous emporter. C'est alors avec un plaisir enthousiaste que nous poursuivons au fil des années cette enquête palpitante et fort bien menée, non sans un goût très prononcé de l'aventure et une impatience démesurée. En effet, le roman met à notre disposition un jeu de piste brillant qui s'attarde toujours là où on l'attend le moins et use de ses méandres pour mieux nous dévier du droit chemin. Les personnages évoluent ainsi à leur façon, tels des pions sur un échiquier faussé, et chacune de leurs personnalités est un petit bijou de psychologie, scrupuleusement étudiée. L'originalité de l'histoire fait écho à un drame familial alambiqué qui nous conduira tout juste vers le dénouement le plus surprenant que l'on pouvait imaginer tandis que les références un brin vintage jusque dans le titre (coucou les 80's !) ne font qu'accroître notre intérêt. De fait, il en résulte un ouvrage très complet qui s'étendrait presque de la fiction à la réalité, usant d'une écriture à fleur de peau dont la spontanéité est parlante et bien amenée. À conseiller.



En demi-teinte

Lady Hunt de Hélène Frappat

Lady Hunt

"Laura Kern est hantée par un rêve, le rêve d’une maison qui l’obsède, l’attire autant qu’elle la terrifie. En plus d’envahir ses nuits, de flouter ses jours, le rêve porte une menace : se peut-il qu’il soit le premier symptôme du mal étrange et fatal qui frappa son père, l’héritage d’une malédiction familiale auquel elle n’échappera pas ? D’autres mystères corrompent bientôt le quotidien de la jeune femme (...) et dans le combat décisif qui l’oppose à l’irrationnel, Laura résiste vaillamment, avec pour armes un poème, une pierre noire, une chanson, des souvenirs… Trouvera-t-elle dans son rêve la clé de l’énigme du réel ?
Sur la hantise du passé qui contamine les possibles, sur le charme des amours maudites, la morsure des liens du sang et les embuscades de la folie, Hélène Frappat trace une cartographie intime et (hyper)sensible de l’effroi et des tourments extralucides de l’âme. Des ruines du parc Monceau à la lande galloise, avec liberté et ampleur elle réinvente dans Lady Hunt le grand roman gothique anglais, et toutes les nuances du sortilège."

Et alors ?

À l'image de la récurrence en son sein des vers de La Dame de Shalott (Alfred Tennyson), Lady Hunt est cette mélodie infernale de toute beauté, ce poème abyssal qui nous entraîne avec lui dans la tourmente, le désespoir et la solitude... non sans un certain plaisir d'ailleurs, que le mystère engendre. Roman sensible, truffé d'effroi et de scènes ésotériques, il se laisse doucement apprivoiser de par ses tableaux du quotidien, certes joliment altérés par le fantastique, mais également empreints de tendresse et d'humanité. Ses flashbacks familiaux en sont sans doute le meilleur exemple. Néanmoins, à trop de poser de questions sans vraiment y répondre, l'ensemble s'égare une peu et propage ses indices à la volée. Impossible alors d'en percevoir aisément toute la portée symbolique. Car si Lady Hunt est un ouvrage excessivement documenté, il n'en demeure pas moins obscur et répand ses zones d'ombre tout comme le brouillard sur sa maison hantée. Pas une mais deux malédictions... De quoi laisser le lecteur confus et impuissant, telle son héroïne malmenée, à mesure que l'ouvrage essouffle son intensité au fil des pages. Dommage pour cet ovni magnifique et audacieux dont la première moitié laissait présager le meilleur. Mais il reste à lire toutefois pour sa prise de risques réelle et ses envolées lyriques souvent décousues, décidément fascinantes. 

 


Quoi de mieux que la puissance des mots pour célébrer le printemps ! Je nourrissais, à vrai dire, l'envie de développer cet article depuis bien longtemps mais il me fallait pour cela un fil conducteur puissant, du genre à osciller entre l'amusant et l'impertinent. C'est chose faite à présent puisque cette thématique fantastique et policière regorge d'indices épars et de mystère... Un peu comme mon état d'esprit du moment finalement, avec ses moultes actions à accomplir et des poussières, autant d'anecdotes à raconter, des interrogations comme s'il en pleuvait et pas vraiment de réponses claires. À croire que si je recherche assidûment toute sorte de vérités, l'austérité, quant à elle, n'est pas invitée. Il me faut de la fantaisie, de l'impromptu, de la vie et du compliqué; l'image même que je me fais du romanesque, pourvu que toujours les livres me fassent rêver. Et parce que des récits lus récemment, passionnants et passionnés, j'en aurais encore des milliers à citer, j'ose espérer qu'ils fassent l'objet de nombreux futurs billets. Au détour d'une phrase bien tournée en effet, il me semble toujours plaisant de m'évader. Sur ce point de vue peut-être, me rejoindrez-vous d'emblée.

-Livy-

Posté par livy_etoile à 08:00 - Je lis, tu lis, il lit... - Commentaires [10] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Je suis contente que tu ais aimé les apparences ! Comme tu le dis ce livre "casse" les codes habituels du polar pour notre plus grand plaisir !
    Je note pour un avion sans elle

    Posté par Flo, 21 mars 2014 à 08:17
  • "Les apparences" de Gillian Flynn fait partie des livres de ma liste à lire.
    Je prends note pour les 2 autres. Merci Livy pour ces bons conseils littéraires!
    J'aime ce genre d'article!
    Bon week-end!

    Posté par Rouge velours, 22 mars 2014 à 08:23
  • Les apparences à l'air génial. C'est pas pour rien qu'une adaptation va être fait !!!

    Je n'avais pas entendu parler d'un avion sans elle mais à voir (ou plus tôt à lire)

    Posté par John C., 22 mars 2014 à 16:58
  • Flo:
    Nous nous rejoignons concernant "Les apparences". Un livre à la fois cruel et distrayant, tout en étant bien ficelé et relativement atypique, j'aime
    Je te recommande chaudement "Un avion sans elle", tu l'auras compris. De façon générale, les romans de Michel Bussi maintiennent bien en haleine. Je pense à "Nymphéas noirs" aussi. Hâte de connaître ton avis si d'aventure, tu te plonges dans ces lectures. Bon week end ma Flo !

    Posté par -Livy-, 28 mars 2014 à 23:11
  • Rouge Velours:
    Je devrais faire ce genre d'articles plus souvent alors; j'élargis ma bibliothèque (et mes lectures) de semaine en semaine, comme tu n'imagines pas ^^
    J'espère que tu aimeras "Les apparences" puisqu'il est déjà sur ta PAL... et les autres aussi, bien évidemment !! J'attends que tu m'en dises des nouvelles. Bon week end la miss.

    Posté par -Livy-, 28 mars 2014 à 23:14
  • John:
    J'attends également le film sur "Les apparences" avec impatience: bon réalisateur, bons acteurs > on peut espérer un résultat satisfaisant !
    Et sinon, je te prête "Un avion sans elle" quand tu veux. Cette lecture ira parfaitement avec la chanson de Charlelie Couture que tu aimes tant

    Posté par -Livy-, 28 mars 2014 à 23:16
  • Le printemps est passé depuis un moment mais... rien de mieux qu'un bouquin sous la couette ^^
    Chouette sélection, le livre Les Apparences me tente beaucoup!!

    Posté par Kelly, 21 octobre 2014 à 09:16
  • Kelly:
    Je te rejoins tellement sur l'idée de la couette et du bouquin (j'ajouterais même une boisson chaude ^^).
    Je te conseille évidemment "Les Apparences" qui est le genre de polar/thriller qu'on dévore sans s'arrêter. Et, si tu en as le temps, son adaptation cinématographique également. Le "Gone Girl" de David Fincher en ce moment sur les écrans est en effet une vraie réussite !

    Posté par -Livy-, 11 novembre 2014 à 22:38
  • Oui c'est prévu aussi.

    Je vais commander sur Amazon avec le Orgueil et Préjugés et Zombies, d'un autre article, qui me laisse rêveuse...

    A voir!

    Posté par kelly, 25 novembre 2014 à 15:25
  • Kelly:
    Pour avoir relu "Orgueil et Préjugés et Zombies" très récemment (un p'tit coup de folie), j'avoue qu'il est tout à fait sympa et distrayant. Pas de la grande littérature non non. Mais le bouquin idéal qui fait sourire (grâce à sa tendance gore mais soft), surtout si tu apprécies déjà l'original, beaucoup plus politiquement correct, de Jane Austen.

    Posté par -Livy-, 04 décembre 2014 à 20:01

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