Livy Etoile

~ Une pincée de rêve, un soupçon de bonheur ~

22 novembre 2013

Raconte-moi l'automne en cinq films

On ne l'attendait plus mais v'là-t'y pas qu'il arrive enfin, ce bougre de billet cinéma ! Aussi fraîchement pondu que nos températures extérieures, il se targue de ses coups de cœurs d'automne et de ses drôles de déceptions, puis s'emmitoufle de subjectivité pour mieux siroter une large palette d'émotions. Un programme de saison qui se réfugie dans le cocooning des salles obscures et nous transmet toute sa chaleur, hot beverage à l'appui, avec une pluralité approuvée. Pour ce faire, j'ai opté pour un aventureux voyage en cinq films. Cinq films marquants ou m'ayant marquée, cinq incontournables que même les ermites n'auraient pu manquer; une sélection un poil dramatique mais qui m'apparaissait comme une évidence à traiter. Du rire aux larmes alors, et du sarcasme aux fatalités de la vie, place à un monde parallèle et fantaisiste auquel je vous convie sans plus tarder; et parce que rêver ou s'évader pourrait bien être la plus éloquente des réalités.

 

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Film coup de coeur

Alabama_Monroe

Alabama Monroe de Félix van Groeningen
Ça parle de quoi ?
"Didier et Élise vivent une histoire d'amour passionnée et rythmée par la musique. Lui joue du banjo dans un groupe de Bluegrass Country et vénère l'Amérique. Elle tient un salon de tatouage et chante dans le groupe de Didier. De leur union fusionnelle naît une fille, Maybelle..."

Dépressifs s'abstenir ! Quant aux autres... Alabama Monroe, relativement méconnu, est une bien curieuse trouvaille à l'esthétisme avéré. Sans doute un ovni du cinéma, sans demi-mesure ni compromis, et qui se passe de mots car l'histoire se découvre plutôt qu'elle ne se raconte. Ici, la vie a des parfums de scandale et de liberté, des rêves de Terre Promise et d'absolu. La fougue de la jeunesse est une passion inavouée tandis que l'on franchit les obstacles de l'existence qui passe avec une tristesse poétique et un onirisme malmené. Porté par une bande originale country magistrale, fil conducteur décidément bouleversant capable de nous faire passer du rire aux larmes en deux secondes chrono, le film se décortique de flash-back en flash-back et offre au spectateur la spontanéité du désespoir avec une violence inouïe. Nos émotions ainsi rudoyées, à l'image d'un yo-yo détraqué, le scénario se gorge d'une audace loufoque qui empêche de tomber dans une débauche lacrymale purement stérile mais s'élève au contraire vers une quête symbolique, hélas vaine. Les évènements se succèdent et s'interpellent, jouent du coude et puis s'éloignent. Il en découle un aspect dramatique à l'état brut, rustique et captivant, que le duo d'acteurs principal rend irrésistible, non sans une sensualité certaine. De quoi mêler la romance à la noirceur dans une beauté déchirante; et fatalement finir en poor lonesome cowboy.

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Retour sur la Palme d'Or du Festival de Cannes 2013

La_vie_d_Ade_le

La vie d'Adèle, chapitres un et deux de Abdellatif Kechiche
Ça parle de quoi ?
"À 15 ans, Adèle ne se pose pas de questions: une fille, ça sort avec des garçons. Sa vie bascule le jour où elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus, qui lui fait découvrir le désir et lui permettra de s’affirmer en tant que femme et adulte. Face au regard des autres Adèle grandit, se cherche, se perd, se trouve..."

Une palme d'or enfin méritée, était-ce donc possible ? Force est de reconnaître que j'avais fini par en douter ces dernières années, tout comme l'idée que La vie d'Adèle ne saurait me convaincre: j'avais tort. Trois heures dans une salle de cinéma et aucun ennui à l'horizon, on me l'aurait dit que je n'aurais osé y songer. Pourtant, il m'a semblé que le film exerçait un pouvoir captivant intense, brillant par son réalisme et se nourrissant d'une sensibilité à fleur de peau. Je conçois d'ailleurs tout à fait les difficultés de tournage évoquées dans la presse tant les émotions sont à vif, écorchées et torturées. Il y a ce petit quelque chose en plus, ce "truc" qui fait toute la différence et nous plonge en immersion totale dans la peau d'une autre. Cette Adèle, sous ses airs de girl next door, est criante de vérité et le long-métrage entier devient une perle, un bijou dans la tourmente doté de sentiments communicatifs comme rarement dans une fiction. Je mettrais sans doute un bémol au jeu d'Adèle Excharchopoulos dont les mimiques m'agacent un brin, mais qu'importe ! Certaines scènes semblent si vraies (notons la dispute, remarquable dans sa puissance) qu'il serait difficile de résister d'avantage. De la sorte, là où certains ont vu du voyeurisme cru, j'ai surtout perçu la symbolique de la passion. Une passion qui consume, qui détruit... et qui grandit aussi. Tel un parcours initiatique, l'âge adulte succède à l'adolescence avec une belle justesse, sans sublimer la vie jamais, mais en la gorgeant de conversations cultivées et de réflexions prenantes. Et si le réalisateur nous propose une intimité bien peu innocente, c'est pour mieux nous bousculer et nous offrir ce film non conventionnel, assez gênant somme toute, mais à la portée psychologique indéniable. En deux mots: borderline et jouissif.

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 Deux styles, deux réussites

Blue_Jasmine

Blue Jasmine de Woody Allen
Ça parle de quoi ?
"Alors qu’elle voit sa vie voler en éclat et son mariage avec Hal, homme d’affaire fortuné mais corrompu, battre sérieusement de l’aile, Jasmine quitte son New York raffiné et mondain pour San Francisco et s’installe dans le modeste appartement de sa soeur Ginger afin de remettre de l’ordre dans sa vie."

Peut-être pas le meilleur Woody (quoique dans les très bons, d'emblée) mais néanmoins un exquis moment de cinéma. Et par exquis, j'entends douloureux et cruel, mais avec humour. Cette Jasmine est aussi légère que son histoire est lourde, aussi inconsistante que sa vie est désormais une successions de responsabilités. Une sorte de paradoxe ambulant qui confère au film une base solide renforcée par une vraie personnalité. À mi-chemin entre un spleen fortement ancré et un comique de situation des plus réjouissants, le réalisateur nous offre, non sans une certaine délectation, une tranche de vie sombre et chic qui nous accroche aussitôt dans une confusion de sentiments, domptée par le cyclothymisme ambiant d'une Cate Blanchett au sommet de sa forme. Car Blue Jasmine au fond est cette tragédie au coeur tendre; de celles qui nous laissent impuissants devant une machine infernale que rien ne peut stopper. Alors, quand l'amertume se fait comique et l'héroïne atta-chiante à souhait, le rythme enlevé nargue la dépression ambiante et guide ce portrait désanchanté vers une bien cynique conclusion. Jusqu'à l'extase probablement.



 

Jeune_et_jolie

Jeune et jolie de François Ozon
Ça parle de quoi ?
"Le portrait d’une jeune fille de 17 ans au caractère atypique et sulfureux, en 4 saisons et 4 chansons."

Osé mais pas voyeur. Plus élégant que vulgaire. Ozon signe ici un film léché qui ne laisse pas indifférent mais génère au contraire un questionnement voire un débat. Les affres de l'adolescence, le recul indécent d'une jeune fille par rapport à ses actes, et surtout pas de généralités... Jeune et jolie surprend et dérange à volonté. Car bien loin d'être neutre, il prend le parti d'une provoc' dévastatrice et cruelle, très intelligemment menée par Marine Vacht dont la beauté, tantôt innocente, tantôt glaciale, irradie l'écran. Avec un parfum de scandale à la légèreté désemparante, il évite ainsi l'écueil souvent facile des critiques de la société et permet au contraire une prise de distance bienvenue au sein d'un malaise grandissant. Le film est anxiogène oui, mais pour la bonne cause, et le trouble qui s'empare du spectateur est maîtrisé à la perfection dans cet exercice de style dont les émotions sont d'avantage à découvrir en toile de fond. Il n'est d'ailleurs pas nécessaire de comprendre pleinement la psychologie de l'héroïne pour s'y laisser embarquer. Mais juste sautiller de scène en scène allègrement et se laisser captiver par ce jeu, plus dangereux que ludique. En résulte un joli conte d'aujourd'hui, qui aurait facilement pu sombrer dans le glauque mais a su rebondir avec brio pour s'en aller explorer des tendances d'avantage raffinées. Brillant traitement du sujet. 

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Tout le monde en parle

Gravity

Gravity de Alfonso Cuarón
Ça parle de quoi ?
"Pour sa première expédition à bord d'une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, experte en ingénierie médicale, accompagne l'astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu'il s'agit apparemment d'une banale sortie dans l'espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l'univers. Le silence assourdissant autour d'eux leur indique qu'ils ont perdu tout contact avec la Terre et la moindre chance d'être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique..."

Tout le monde en parle oui... et tout le monde a crié au chef-d'oeuvre aussi. Le film au budget phénoménal a su mettre d'accord les critiques et générer un engouement sans limites. Au-delà de cela, il y avait moi sans doute. Moi qui suis restée sceptique et désemparée lors du générique de fin, à me demander si je n'aurais pas mieux fait de passer mon tour pour cette fois. Que je ne vous en dégoûte pas cependant. Bien sur, les images de la Terre prise de l'espace sont époustouflantes et vous poursuivent comme si vous y étiez. Bien sur le long-métrage est très visuel. Bien sur également, l'on se prend d'angoisse au fil de l'histoire, à haleter voire suffoquer à chaque nouvel événement autant que le silence est (à juste titre) présent. Mais est-ce bien suffisant ? J'aurais pour le coup préféré un documentaire spatial ou quelques chose du genre. Parce que sitôt passée la fascination de la première demi-heure, c'est toute la pauvreté du scénario qui s'impose d'elle-même, plus mince encore qu'une Cara Delevingne ! On entre alors dans l'ère de rebondissements peu crédibles et répétitifs à souhait où le personnage interprété par Sandra Bullock (bon jeu d'actrice, vous noterez) s'en sort tellement bien qu'elle ressuscite telle une Lara Croft dans le dernier Tomb Raider, jeu vidéo où l'héroïne joue de malchance mais triomphe de tout en bonne warrior qu'elle est. Quant à la consistance des rapports humains et même la charmante dose de pathos ajoutée pour vous tirer les larmes, je n'ose à peine y penser... Vous l'aurez donc compris, l'assaut d'effets spéciaux n'y changera rien, j'avais avant tout besoin d'une histoire construite pour être séduite. En vain. Reste que la nausée provoquée par la 3D ne m'a pas déçue, elle.

-Livy-

Posté par livy_etoile à 08:00 - Comme au cinéma - Commentaires [17] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Une bien belle sélection! Je suis à peu près d'accord avec toutes tes critiques même si j'ai un peu moins aimé "Blue Jasmine"... En effet le point faible de "Gravity" est son scénario, comme toi j'ai trouvé la fin trop américaine, mais j'ai trouvé la 3D totalement justifiée. Hâte de voir ce que tu penseras de "Les garçons et Guillaume, à table!"

    Posté par My Discoveries, 22 novembre 2013 à 09:29
  • Alabama Monroe est un film sublime! Je me suis pris une grosse claque en le voyant!

    Posté par lalydo, 22 novembre 2013 à 11:29
  • J'ai vu aussi tous ces films et globalement j'ai les mêmes avis que toi, le seul des 5 qui m'a déçu ( ou pas plu) c'est bien Gravity, peut être parce que ce n'est tout simplement pas mon genre de film. J'ai moi aussi eu un coup de coeur pour Alabama Monroe, et en 2 sur le podium c'est la vie d'adèle !

    Posté par Aurore, 22 novembre 2013 à 12:30
  • Alabama Monroe que dire, ben que j'ai beaucoup pleuré, que j'ai été touché, que ce film est sublime! Et la Bo d'enfer!!!!

    Posté par Amalia, 22 novembre 2013 à 17:19
  • Je n'ai vu que le Woody! Mais je compte bien voir La Vie d'Adèle aussi! Et j'ai boycoté Gravity...!

    Posté par July, 22 novembre 2013 à 17:23
  • Je me rends compte que j'ai vu très peu des films que tu as sélectionné, pourtant j'avais vraiment envie de voir Blue Jasmine ainsi qu'Alabama Monroe (et Malavita aussi!). Je suis allée voir Gravity (par rapport à l'opinion publique), et je dois dire que j'ai été bien déçue : / Je suis complètement d'accord avec ton avis, passée la première demi-heure, les belles images ne font plus vraiment d'effet.

    Posté par Audrey, 22 novembre 2013 à 22:25
  • Coup de coeur aussi

    Alabama Monroe est un petit bijou cinématographique, je lui souhaite bonne chance pour l'oscar du meilleur film étranger !

    Posté par Céline Online, 23 novembre 2013 à 23:54
  • My Discoveries:
    Contente de voir que nous nous retrouvons sur pas mal de critiques. Tu as tout à fait raison à propos de la 3D de "Gravity" (tout comme le fait d'ailleurs, de le voir au cinéma plutôt qu'à la TV): cela lui confère toute sa puissance d'images. Mais j'avoue avoir eu du mal à y habituer mon estomac, une fois n'est pas coutume ^^
    Quant à "Les garçons et Guillaume, à table !", j'ai trouvé ce film d'une sensibilité touchante, drôle et douloureux à la fois. Il m'a emballée, vraiment !

    Posté par -Livy-, 25 novembre 2013 à 19:59
  • Lalydo:
    J'ai été pareille que toi pour "Alabama Monroe", une vraie claque !! D'autant plus que la bande-annonce ne révèle pas grand chose au final, laissant l'effet de surprise intact du début à la fin.

    Posté par -Livy-, 25 novembre 2013 à 20:01
  • Aurore:
    Même classement que toi sur le podium ! Ta critique sur "La vie d'Adèle" m'avait d'ailleurs beaucoup parlé. Et en toute subjectivité pour "Gravity", je pense que la thématique "film de l'espace" n'est pas mon truc non plus; force est de reconnaître que ça joue. Mais toutefois, cette absence de scénario a vraiment créé un manque, ce qui au final dessert un peu les images très fortes du film. Dommage.

    Posté par -Livy-, 25 novembre 2013 à 20:04
  • Amalia:
    Oh oui. Une merveilleuse BO pour "Alabama Monroe", je me la suis procurée le lendemain de la séance ciné tellement j'étais sous le charme ! Tout comme toi, j'ai versé beaucoup de larmes durant le film, pour la beauté de l'histoire et de son traitement délicat.

    Posté par -Livy-, 25 novembre 2013 à 20:08
  • July:
    Je comprends ton boycott "Gravity" du coup. Il ne faudrait certainement pas se forcer
    Par la même occasion, je t'encourage vivement à tenter "La vie d'Adèle" qui captive, fascine et passionne, à l'image de son scénario d'une justesse épatante.
    Bonne soirée ma July !

    Posté par -Livy-, 25 novembre 2013 à 20:10
  • Audrey:
    Décidément, ce "Gravity" semble avoir fait bien plus parler de lui qu'il ne l'aurait du. Je mets vraiment cela sur le compte des prises de vue impressionnantes au possible. Quant aux autres films, il n'est peut-être pas encore trop tard pour tenter ne serait-ce que l'un des deux alors fonces-y vite si le temps te le permet. Tu passeras assurément un très bon moment de cinéma !

    Posté par -Livy-, 25 novembre 2013 à 20:13
  • Céline Online:
    Je ne peux qu'approuver. C'est le genre de films, trop méconnu, à être diffusé dans peu de salles, qui mérite vraiment d'être vu et élevé sur le devant de la scène. Il a déjà eu quelques belles distinctions je crois. Pourvu que cela continue !

    Posté par -Livy-, 25 novembre 2013 à 20:15
  • J'avoue qu'Alix m'a tellement fait peur avec Alabama Monroe que j'ai renoncée (je suis influençable !).
    En revanche je partage ton avis pour Blue Jasmine, un bon petit Woody, qui s'avère encore une fois pas vraiment tendre avec ses personnages
    Pour Gravity je serais plus modérée que toi, comme tu le sais. Il est vrai que le scénario est simple(iste), mais la tension et les effets sont là et je n'en demandais pas plus !
    Mes coups de coeur de ces deux derniers mois : il était temps, neuf mois fermes et prisoners
    Bisous

    Posté par flo, 26 novembre 2013 à 23:33
  • Flo:
    Oh tiens, je ne m'étais pas aperçue qu'Alix n'avait pas aimé "Alabama Monroe"
    Pour le reste, nous en avions déjà parlé et je te trouve pleine de justesse quand tu évoques un Woody "pas particulièrement tendre avec ses personnages". Il est délicieusement cruel, plus que d'habitude encore, et cela m'a profondément marquée car il réussit cet exercice à merveille.
    Il faut également des pro-Gravity ! Ce serait bien trop terne si on avait toutes les mêmes goûts. En tout cas, je te rejoins vraiment sur "Prisoner" et je note les deux autres que je n'ai pas encore eu le temps d'aller voir mais qui me tentent terriblement, surtout "il était temps".
    Gros bisous miss !

    Posté par -Livy-, 27 novembre 2013 à 18:58
  • Alabama Monroe est vraiment excellent. Un des meilleurs films de l'année que j'ai vu. La musique et le jeu des acteurs transcendent le film.

    La vie d'Adèle ne m'a pas transporté plus que ça par contre. Très bon jeu d'acteurs mais des scènes trop longues.

    Blue jasmine, un des meilleur Woody de ces dernières années. Mais c'est une des fins plus tristes qu'il ait fait.

    Gravity, superbes images et très bonne ambiance. Mais le scénario tient sur un post-it et pas convaincu par le happy end !

    Posté par John C., 30 novembre 2013 à 22:14

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