Livy Etoile

~ Une pincée de rêve, un soupçon de bonheur ~

04 juillet 2010

Mes sessions "live" du mois de mai

Je m'offre avec plaisir le luxe d'un retour en arrière,
Que le lapin d'Alice m'en jette donc la première pierre!
Et plutôt qu'au fond d'un étrange terrier, j'atterris tout droit dans un contexte printanier...
Se pourrait-il alors qu'en mai, j'ai eu l'occasion de faire ce qu'il me plaisait?
Peut-être bien... Toujours est-il que l'espace d'un tout petit week end, les concerts se sont bousculés au portillon pour déborder d'imagination, d'innovation et de décalage, le tout dans un éclectisme désarmant que j'ai adoré.
Aussi différents que surprenants, ils se sont mis à tourbillonner autour de moi comme par magie, me prenant dans l'engrenage infernal de la musique, thématique intensifiée de la poésie à la folie, de la torpeur à la frénésie.
Ainsi dotée d'une effervescence de rigueur, l'œil critique et des envies à ne plus savoir où donner de la tête, je me suis prise au jeu de deux soirées, deux ambiances, deux instants à ne pas manquer, dans l'improbabilité la plus totale de quelconques similitudes entre eux...
Une transe exquise, de la joie ou des cris, le plein d'émotion,
Des découvertes et quelques bonds ;)
C'en serait bien là mon printemps festif mélodique et bruissant de mille feux.
De quoi vous en raconter un long récit,
potentiellement surréaliste et très certainement gorgé de passion.

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Benjamin Biolay le 8 mai 2010 au Casino de Paris

La_superbe_B

Benjamin_Biolay

Analyse périlleuse d'un concert ô combien désiré mais passablement complexe qui, tout en m'ayant meurtri le moral en bonne et due forme la nuit qui a suivi, m'a laissé sur une impression singulière de tourbillon poétique expérimental et mélancolique décidément très convainquant. Quoi, vous semble-je floue?
C'est que le live l'était tout autant, dans le bon sens du terme j'entends.

Aussi, je peine à écrire. L'exercice semble tellement difficile quand il s'agit de relater l'indomptable ou d'apposer des mots sur la transparence bucolique de ceux déjà présents...
A la façon d'un Dr Jekyll et Mister Hyde, écorché-vif et tourmenté, tumulte singulier non sans quelques pointes d'humour glissées à l'emporte-pièce, Benjamin Biolay, le charisme de rigueur, s'est dévoilé crescendo, dans toute l'ampleur de la nonchalance dandy emblématique que son attitude comme sa musique expriment. Surfant ici sur l'effervescence de la dernière date parisienne de sa tournée, le moins que l'on puisse dire est qu'il est loin d'avoir lésé son public, offrant pour l'occasion un concert très riche et étonnamment complet, comme peu d'artistes s'y adonnent si l'on en juge par sa carrière importante, et dans lequel il a scrupuleusement intercepté de petites touches de chacun de ses albums, de ses débuts jusqu'à La Superbe. Du bon, du moins bon ou de l'excellent.
Oui car l'art de Benjamin Biolay n'est pas une simple ritournelle qu'on trouve juste "bien" ou "pas à son goût" mais une histoire toute entière, aux effluves dramatiques, réalistes ou romanesques, qui laisse entrevoir son étrange refrain ponctué d'une douce rébellion.
Il se savoure plutôt qu'il ne se dévore, se laisse adopter, apprécier, critiquer...
Le tout dans cette ardeur qui ne peut laisser de marbre.
Et fait évident, le personnage était bel et bien sur scène en cette soirée du Casino de Paris, corps et âme, entier et mystérieux, un brin provoc', les mélodies lancinantes à fleur de peau, toujours une clope qui se consume sur le piano...
Qu'on l'aime ou le déteste alors, il a su s'imposer de tout son être;
La prestance latente, l'émotion palpable, les idées chaotiques...
Les mots entrechoqués dans une violence poétique dont l'intensité en aurait presque été terrifiante parfois, se sont alliés, désordre charmant, pour mêler la vie à l'ironie, l'amour à la haine, la nostalgie à la souffrance, des arrangements musicaux inéluctablement étudiés à la clé. Un combo réellement envoûtant; presque parfait.
En musicien émérite d'ailleurs, Benjamin nous a offert des séquences acoustiques au piano inoubliables et des duos qui l'étaient tout autant (Brandt Rhapsody, somptueux, malgré l'absence de Jeanne Cherhal), empreint de cette sensibilité émotionnelle que j'aime tant et qui, sans effort, lui colle à la peau. Comme si c'était naturel; et comme si être torturé était la plus belle force qui pouvait savoir donner l'inspiration sans détruire la beauté...

Revenant plusieurs fois par quelques subtiles combines sur le fil conducteur de son dernier album, Le morceau éponyme La Superbe en ligne de mire, il s'est ensuite pris au jeu des reprises et autres arrangements, effectuant entre autres, un joli flash-back sur Négatif, l'un des albums préférés que j'ai de lui, le temps de quelques morceaux et d'un audacieux et improbable mix Négatif/Clint Eastwood (Gorillaz) que je n'aurais jamais imaginé jusqu'alors mais qui m'a laissée, surprise et enthousiaste, sur la note plaisante d'un esprit d'à propos très percutant. Mon instinct râleur aurait toutefois apprécié durant la performance live, l'abscence de l'inévitable "fan-club" des premiers rangs de "djeune's" lançant des "Rock n'roll powâââ" sur des morceaux de la sorte avec un magnifique piano-voix...
Non mais sans blague, c'est quoi leur problème? J'en suis restée éberluée! ^^

Toujours est-il qu'à mi-chemin entre un aplomb arrogant et une rêverie fragile (toujours ces délicieux paradoxes!), beaucoup d'entrain et cette sensation de vide volontaire qui n'a de cesse de nous hanter, Benjamin Biolay a su, de par son concert, pénétrer les esprits de ses mélodies et de ses phrases à l'angoisse foudroyante lancées dans les airs comme une bouteille à la mer, son timbre de voix reflétant une gravité posée, son attitude à presque nous rappeler un certain Serge G. ou un Alain B.
Le genre de compliment qui distingue et qu'on ne fait assurément pas souvent...

--> Le Myspace de Benjamin Biolay <--

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Pennywise and guests, le 9 mai 2010 au Trabendo

Pennywise

Ni une, ni deux. Entraînée le lendemain soir au Trabendo par un meilleur ami geek d'état d'esprit punk-rock, décidément très nostalgique des temps passés de son adolescence, mon émotion de la veille, encore très omniprésente voire lacrymale (la sensiblerie m'atteint parfois, oui), en a pris pour son grade en pleine séquence "Faites du bruit!"
Et du bruit, pour être honnête, c'est tout d'abord ce que j'en ai pensé...

Parce que le Punk-Rock m'a toujours bien amusé en soi, à l'époque de The Offspring ou de No FX notamment, mais n'en ayant jamais fait mon mode de vie pour autant, je ne me serais pas aventurée dans un tel show seule et sans de convaincants arguments!
Et ce ne sont pas les "guests" qui ont attiré mon attention pour autant, car ayant manqué quasiment l'intégralité du premier groupe (et donc, pas d'avis) pour assister à la performance complet du second, en mode "je braille à fond dans mon micro et j'aime ma guitare saturée", je me suis trouvée fort dépourvue quand l'entracte fut venue.
Je sens que je vais me faire taper sur les doigts alors autant préciser: je n'ai aucune idée du nom du groupe que je n'ai pas apprécié (je ne suis pas allée le récupérer sur internet, je procrastine, vous n'avez qu'à tenter!), mais leur musique m'a semblé vraiment loin d'être mature et si on les sentait cependant bien impliqués dans ce qu'il faisait, et très en phase avec leur musique, l'idée en tant que telle m'a juste parue très jeune et peu aboutie.
En bref, sans doute tout à fait sympa pour une "pool-party" made in Californie mais il me semble que moi, j'ai passé cette période il y a quelques temps déjà ;)
Et c'est le meilleur ami qui a bien ramé lors de la pause, m'assurant avec force arguments que la suite pourrait être plus "musicale" ou "mélodique" avant que je ne rebrousse chemin et tandis que je me perdais déjà dans les appli' jeux de mon iPhone...
En même temps, il faut bien reconnaître que de Pennywise, je connaissais déjà quelques bribes et que surtout, en dépit des nombreux morceaux entraînants, il y avait cette fameuse chanson cachée au piano dans l'un de leurs albums, juste magnifique dans son acoustique détonnant du reste, et découverte il y a de cela maintenant bien des années; le petit truc en plus somme toute, qui a enfin laissé triompher ma part de curiosité.

Pour le reste, ce fut alors un joyeux concert tout fou, bien pogotant, limite façon festival à la cool en mode "havin' fun" californien. Il ne manquait plus que la mer, tiens!
Du grand n'importe quoi naturellement, et peu importe l'âge, toujours à fond -notons que le groupe est tout de même issu de l'ancienne génération, puisque crée en 1988!
Le tout ponctué d'un engagement politique également, à grands renforts de "Fuck Authority", précisément le nom de l'une de leurs chansons, et autres sympathiques termes anglosaxons qu'il n'est pas bien compliqué de comprendre même sans maîtriser l'Anglais d'Oxford ^^
Imaginez simplement une succession de morceaux déchaînés raisonnant de toute part, une salle qui s'enflamme de 18 à 80 ans (Véridique! C'est drôle d'ailleurs, un vieux punk en plein émoi...), la moitié de la fosse qui slame depuis la scène et se faufile tellement qu'on ne parvient même plus à distinguer les membres du groupe, avant de s'abandonner à des plongeons plutôt audacieux, sauts périlleux et autres festivités que toute engoncée dans ma petite robe bleue Klein, je n'aurais certainement pas osé.
(Réflexion hautement pertinente du meilleur ami:
"Non mais t'as cru qu'on allait à un vernissage ou quoi?" ^^)


J'en ai retenu ma dose de bonne humeur pour la semaine, des moments plutôt délirants voire bondissants, une foule en délire à laquelle on finit par s'associer autour d'une bière en souriant, et l'occasion d'évacuer, mélancolie au placard, la pression pour de bon.
Des refrains qui marquent et la "punk-rock touch" très "teen" qui (re)gagne sans tarder et sans plus s'en apercevoir, les adultes qu'on est au triple galop...
Quant à l'aspect mélodique évoqué avec passion et patience par mon geek préféré, force est d'avouer qu'il avait plutôt raison. Je n'avais plus l'impression d'être dans un lieu plein de bruit en cette deuxième partie de soirée, mais réellement à un concert, et pas désagréable de surcroît. Un détail qui tue certes, mais qui se montre toutefois bienvenu et rassurant quand on est venu expressément pour cette raison!

Alors, ce n'était pas le live gigantissime de ma vie naturellement, ni le souvenir impérissable de l'année, mais une mentalité plutôt sympathique et conviviale avec un guitariste fou furieux nommé Fletcher qui est à lui tout seul un personnage, et une très bonne cohésion de groupe, qui laisse entrer dans les têtes une multitude de petits instants sautillants, autant que de courbatures... De quoi se raviser et se lâcher à son tour, chevelure en éclat et talons oubliés, dans l'amusement de la (re)découverte d'une petite partie du rock des 90's qui savait parfaitement comment prendre son pied avec de la musique qui se la joue rebelle/sympa, ne vieillit toujours pas et sait oublier malgré les "Fuck!" la véhémence mal à propos.
Aussi ai-je laissé de côté mes a priori et savouré pleinement le moment présent...
Pas trop glam ça va de soi, mais bien rock et toujours d'actualité. Plutôt ravie.
Moi je dis que voici une petite parenthèse tout à fait fuck n'funny!

--> Le Myspace de Pennywise <--

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Et survient enfin, en pleine contradiction, le temps d'apposer le mot "fin" à mon billet comme à ce un week end un peu hors du commun qui, entre les larmes poétiques d'un trop plein de sensation, un très vif ressenti, des rires à profusion et des chants repris dans de grands cris, a su générer la palette complète de trépidantes émotions, celle-ci même qui me fait simplement aimer la vie, la sentir palpiter, l'appréhender, et finalement la gérer...

-Livy-

Posté par livy_etoile à 08:00 - Trois petites notes de musique - Commentaires [4] - Permalien [#]
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Commentaires

    Meme si je ne suis pas un grand fan de Benjamin Biolay, je dois avoué avoir passer un très bon moment et qu'il fait passer quelque chose à travers sa musique.
    Concernant Pennywise, j'avoue la première partie était BOFF par contre Pennywise était top. Et oui je persiste et signe ma réflexion hautement pertinente.

    Posté par John C., 06 juillet 2010 à 00:45
  • Merci

    Ce n'est qu'une fois les yeux fermés que l'on se met a rêver n'est il pas vrai????

    Et bien moi je n'ais qu'une envie c'est de vivre mes rêves et au diable si je ne trouve plus le chemin du sommeil.....

    Dommage que je n'ais pas de mariage de prévu....

    Posté par Nô statut, 07 juillet 2010 à 21:11
  • John:
    Je sais que je t'ai un tantinet forcé la main pour le concert de Benjamin mais je ne le regrette absolument pas, et j'en suis même bien satisfaite puisque tu as adhéré, ce à quoi je ne m'attendais franchement pas ^^
    L'émotion qu'il fait passer dans son live est difficilement contrôlable, et intense... Je pensais ne jamais parvenir à te la faire ressentir mais via les albums, c'est toujours un peu moins évident.
    Heureuse simplement que tu te sois plu dans son univers.

    A mon tour, je te dois le concert de "Pennywise",
    Une très bonne idée au final, dont je te remercie!
    F*** la première partie cela dit...

    Et j'ajouterai également que je ne tolèrerai plus aucune réflexion de la part d'un punk-geek sur ma tenue vestimentaire, hé hé

    Posté par -Livy-, 09 juillet 2010 à 09:30
  • Nô statut:
    En fait, tu peux faire comme moi et rêver tout le temps,
    Ne jamais t'arrêter, vivre tes rêves ou rêver ta vie, choisis
    Mais je te souhaite un peu de sommeil quand même,
    Avant que ton délire ne vire sérieusement à l'insomnie!
    By the way, il t'inspire vraiment tout ça mon billet? ^^

    Posté par -Livy-, 09 juillet 2010 à 09:34

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