Livy Etoile

~ Une pincée de rêve, un soupçon de bonheur ~

04 septembre 2009

Henri-Cartier Bresson, "L'imaginaire d'après nature"

H_C_B_L_imaginaire_d_apr_s_nature_au_MAM

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L'été bientôt achevé,
Et l'exposition qui tend sous peu à se terminer,
Mon retard et mes idées se sont progressivement éparpillés,
Et l'on n'attendait même plus mon billet sur HCB.
C'est pourquoi, voici le moment précis qu'il a choisi pour enfin se dévoiler...
Retour sur ma petite escapade en noir et blanc au Musée d'art Moderne de la Ville de Paris.

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Et il faut bien le dire, ç'aurait été dommage de ne point l'évoquer car l'exposition-hommage à Henri Cartier-Bresson a su, de par son "imaginaire d'après nature" se révéler fascinante, dévoilant des images poignantes et vraies, aussi artistiques que symboliques et présenter un intérêt supplémentaire quant à sa thématique plutôt originale.
Pour un bref historique, il s'agit en effet d'une exposition itinérante du photographe dans les années 70 qui s'est ici invitée de nouveau au MAM sous le même aspect qu'à l'époque, présentant des clichés conservés tels quels, légèrement jaunis et sur support à l'état brut.
Un atout évident selon moi pour gagner en profondeur et en intensité et faire briller ainsi des photographies dont le pouvoir était déjà amplement acquis.

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Côté organisation, on a pu également observer une présentation nette et concise, épurée bien sur, à l'image du MAM, afin de mieux appréhender l'oeuvre d'un artiste qui a marqué à jamais le monde de la photographie en alliant avec brio l'art au journalisme.
Autour de quatre parties bien distinctes intitulées Premières oeuvres, HCB photographe de la vie quotidienne, HCB témoin de son temps et HCB portraitiste, c'est alors un photographe pluriel qu'on a pu découvrir ici, baroudeur et appliqué, instinctif et soucieux du moindre détail, drôle par moment, touchant à d'autres, tragique parfois mais avec toujours ce même besoin d'authenticité et de recherche de la vérité, dans le quotidien comme dans les yeux, les traits et silhouettes de ses "modèles". Le tout dans un contraste en noir et blanc très poussé et un travail sur l'image vraiment étonnant.
Pourrait-on alors "caser" HCB dans une catégorie précise?
... Pas vraiment. L'homme, à l'image de son art, est captivant et insaisissable à la fois.
Il nous offre tour à tour des clichés du quotidien à la Doisneau, des "carnets de voyage" d'une force inouïe liée à une signification journalistique quelque peu améliorée, des séries de portraits d'une harmonie singulière, et l'ensemble, mis bout à bout, forme ce tout, gorgé d'émotions et d'instants imprévisibles parce que, comme il le dit si bien, il a su " faire patte de velours, mais avoir l'oeil aigu".

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Ici toutefois, l'exposition est un peu atypique car pour le moins restreinte, voire très courte, les photographies exposées (environ 70) ayant été choisies par Henri Cartier-Bresson lui-même, qui les avait sélectionné à  l'époque comme étant à son avis, quelques unes de ses meilleures prises. Une vision certes subjective mais non dénuée d'intérêt pour autant puisqu'un montage vidéo nous permet de visionner également d'autres clichés semblables pris au même moment ou presque, nous offrant alors la possibilité de faire la part des choses en ayant notre opinion propre quant à nos photographies préférées.
Par ailleurs, le contexte dans lequel ont été pris ces clichés m'a paru jouer énormément sur les photographies en elles-mêmes et l'aspect explicatif m'a de surcroît semblé aussi utile que survenant à bon escient, afin de nous permettre de mieux adhérer à l'état d'esprit dans lequel se trouvait HCB et ce qu'il souhaitait mettre en avant, aussi bien dans un souci du détail que de l'esthétique ou de l'information, qu'elle soit culturelle ou chargée d'actualité.

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Il en demeure une exposition aussi succincte qu'elle est riche, aussi naturelle que son intitulé, aussi sauvage que son artiste et j'aime à penser que cette brève rétrospective sur Henri Cartier-Bresson est une bulle de rêve et de réalité, mêlant les deux sans les heurter mais les confondant plutôt, pour un rendu qui n'a de cesse d'étonner, de choquer et d'interpeller. Un véritable régal des yeux pour les amateurs, comme moi, du noir et blanc et des contrastes photographiques audacieux.

-Livy-

"L'harmonie se retrouve en cherchant l'équilibre à travers l'asymétrie de tout visage,
Ce qui fait éviter la suavité ou le grotesque."

Henri Cartier-Bresson, Images à la Sauvette, 1952.

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HCB_rue_d_Al_sia___Alberto_Giacometti

Bel hommage au 14 ème arrondissement,
Le sculpteur Alberto Giacometti, rue d'Alésia.

Posté par livy_etoile à 08:00 - Je me culture à Paris - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Pour avoir feuilleté la plaquette. J'avoue que j'aurais bien voulu voir l'expo (pas possible par manque de temps).

    Posté par John C., 04 septembre 2009 à 21:03
  • La plaquette c'est bien, mais ça ne fait pas tout!
    (Même si, je dois l'admettre, elle était fort bien faite.)
    Tu auras d'autres occasions je l'espère, pour des expo-photo bien à propos et même que cette fois, tu m'y accompagneras ^^

    Posté par -Livy-, 06 septembre 2009 à 08:49

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