Livy Etoile

~ Une pincée de rêve, un soupçon de bonheur ~

18 septembre 2008

Au cinéma cet été [Part two]

Le billet cinématographique de l'été intitulé précédemment "Part one" et paru en août dernier sous-entendait naturellement un deuxième acte et une assiduité de ma part à traquer du chef-d'oeuvre comme du navet (ou rien des deux...) mais c'était sans compter ma non-présence dans tous les cinémas de France et de Navarre au cours de ces dernières semaines.
En effet, de manque de temps en manque de temps, j'ai tellement tout raté qu'il me faudrait presque songer à télécharger ^^
La fille de Monaco, Le silence de Lorna, Babylon A.D...
Autant de films que, par attrait ou curiosité,  j'aurais souhaité voir mais que j'ai finalement mis de côté un peu malgré moi même si, à bien entendre les rumeurs, je n'ai parfois rien à regretter!
Pourtant, juste avant de me faire rattraper par l'automne et de mettre un point final à l'été 2008, je décide tout de même de poster un billet "part two", légèrement brouillon sans doute mais assurément plein de bonne volonté, dans le but d'évoquer les deux sorties un peu marquantes du mois d'août et dont je n'avais pas encore parlé.

En espérant trouver quelques instants de mon emploi du temps de ministre pour me remettre prochainement à jour sur les nombreux longs-métrages à voir en cette rentrée et ressentir ainsi par la même occasion le plaisir de savourer dans une salle de cinéma un film, un vrai, un bon...

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Wall.e de Andrew Stanton

Wall_e

Ca parle de quoi?
"Wall.e est un petit robot "nettoyeur" espiègle et ingénieux qui demeure le seul être vivant sur Terre puisque 700 ans plus tôt, les humains ont décidé de déserter leur planète d'origine, la jugeant trop polluée.
Sa vie calme et sans doute trop solitaire va être perturbée par l'arrivée de Eve, un robot femelle venue sur la planète bleue pour une mission..."

Rien de bien original dans le fait d'avoir aimé un film d'animation que la presse ne cesse d'encenser mais il faut l'avouer, il y a bel et bien du génie dans le petit dernier des studios Pixar qui ont placé la barre très haute, comme à l'accoutumée.
En effet, si techniquement parlant, le film est une réussite sur tous les plans, le scénario n'en demeure pas moins en reste et nous offre au beau milieu de moments tendres et de situations drôlissimes une critique habile de notre société, laissant derrière l'effet premier des gags en série, une sensation plus sombre, plus amère aussi, mais qui donne indéniablement une vraie consistance à l'ensemble.
C'est que, bien loin de se cacher derrière une amourette vide de sens ou de nous offrir des scènes un peu trop "eau de rose" pour être percutantes dans notre petite tête d'adulte, notre robot au grand coeur évolue au contraire dans un univers bien triste où seuls les objets semblent avoir réussis à trouver une issue de secours en gardant leur "âme" mystérieuse.
Et au-delà du rêve et de l'imaginaire qui touche notre sensibilité (parce que c'est fait pour), Wall.e nous dévoile avec une grande finesse un monde sinistre et antipathique, anéanti ou presque, le tout renforcé par la quasi-absence de dialogues par moment qui provoque alors cette sensation de malaise, introduisant du même coup un réel questionnement de la part du spectateur.
Il apparaît ainsi comme une évidence que les sujets polémiques abordés par le film, qu'ils soient d'ordre écologique ou sociologique, n'ont rien d'enfantin mais le décalage ressenti entre l'histoire de façade et l'histoire de fond déroute assurément et permet de se laisser prendre plus facilement au jeu de ce conte futuriste et dénonciateur, porté par les pérégrinations sentimentales aussi subtiles que poétiques d'un robot-héros aventureux en mal d'amour.

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Gomorra de Matteo Garrone

Gomorra

Ca parle de quoi?
"Les destins croisés de six personnages confrontés à la criminalité, dans les villes de Naples, Scampia, Castelvolturno et Terzigno sous l'emprise de la Camorra, la mafia napolitaine."

Froid pour ne pas dire glacial, troublant, violent, choquant, le film dérange comme il séduit, petite merveille de réalisme à l'état brut, fort et singulier à la fois.
Qu'on se le dise, le cinéma à l'image de Gomorra n'est pas franchement fait pour se détendre mais plutôt pour se rendre compte... et assurément en sortir différent car perturbé.
Il ne faut pas alors s'attendre à du babillage inutile ou à un scénario édulcoré pour adoucir l'ensemble mais plutôt à un enchaînement meurtrier terrifiant filmé à la manière d'un documentaire.
Tendu, soigné, efficace et surtout lourd de sens.
La caméra, nerveuse, nous rapporte, pièce par pièce, un pêle-mêle d'histoires dont on ne ressort pas indemne, tout comme les personnages que rien n'épargne de ce tourbillon de violence incroyable et de ces crimes à répétition, sorte de normalité locale.
La sensation de n'être plus le seul à décider de son existence envahit alors l'écran comme le spectateur et le réalisme évoqué plus haut prend toute son ampleur: tout est retransmis tel quel, la mort comme une banalité, la vengeance comme une évidence, et ce dans une absence d'émotion quasiment inhumaine créant ainsi, en même tant que l'effet de froideur qui se répand, une tension palpable et omniprésente qui ne fait que fasciner d'avantage dans tout ce qu'elle a de cruel, précisément.
Pas d'attachement dans ce film, pas de sentiments, rien.
Juste une observation minutieuse de faits trop souvent avérés.
Et c'est tout l'univers de la mafia napolitaine qui est passé au peigne fin avec un souci du détail déstabilisant mais toujours juste, au sein d'un film politique réalisé avec talent, qui ne peut que marquer les esprits et faire parler de lui, en bien comme en mal, et pour un bon moment.

-Livy-

Posté par livy_etoile à 08:00 - Comme au cinéma - Permalien [#]
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