Livy Etoile

~ Une pincée de rêve, un soupçon de bonheur ~

03 juillet 2008

L'aventure historique sexy-trash des Tudors

Tudors_affiche

Les films au cinéma s'avérant ces dernières semaines peu convainquants et en nombre passablement réduit, je me rabats donc sur une autre activité qui m'est chère et que je n'avais pourtant presque pas évoquée jusqu'alors: les séries télévisées.
L'occasion pour moi de donner naissance à une nouvelle catégorie dans ce blog et de la commencer en beauté en vous exprimant aujourd'hui mon ressenti sur les Tudors après avoir terminé au cours des semaines passées le dernier épisode de la saison 2.

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Qu'on ne s'y méprenne pas cependant, ce qui m'a d'abord poussé à démarrer cette envoûtante série en avril dernier n'avait rien de très objectif.
En effet, plutôt que de penser à l'aspect historique de la chose (A savoir les histoires politico-sentimentalo-religieuses sujettes à polémiques sous le règne d'Henri VIII d'Angleterre), les raisons sombres et obscures de mon attrait ont d'avantage trouvé leur explication dans le côté esthétiquement fort intéressant de la série.

C'est donc pour des raisons telles celle-ci...

The_Tudors_3

Celle-là...

The_Tudors

... ou encore une autre...

The_Tudors_2

que je me suis vue enchaîner un par un les premiers épisodes des Tudors à la vitesse de la lumière.

Vous l'aurez compris, la performance d'acteur de Jonathan Rhys-Meyer, déjà très beau bon acteur dans le génialissime Match Point de Woody Allen et endossant ici le rôle principal était un argument de poids pour me faire succomber.

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Cependant, j'ai très vite réalisé que ce qui allait me passionner le plus dans cette série n'avait sans doute rien à voir avec mon attirance primaire de fille désespérée mais allait développer chez moi une folle passion pour l'histoire de l'Angleterre du XVI ème siècle.
Forte déjà du long-métrage Deux soeurs pour un roi sorti au printemps dernier que j'avais gentiment apprécié pour le film en tant que tel (bien que le scénario historique laisse passablement à désirer), je me suis prise d'un véritable engouement pour les frasques incessantes et la cruauté de Henri VIII, la vie à la Cour durant cette époque, la réforme anglicane suite au schisme de l'église d'Angleterre en 1534 et autres thèmes captivants que la série ne manquait pas d'aborder.
Il faut dire qu'à part quelques bribes de culture générale éparpillées de part et d'autre, il ne me restait que très peu de connaissances sur le sujet et en cela, l'ami Wikipédia m'a beaucoup aidé.
Je crois d'ailleurs y avoir passé plus de temps à détailler la vie des différents protagonistes présents dans les Tudors qu'à regarder la série elle-même!
Parce que m'intéresser à une série, c'est bien, mais j'étais surtout désireuse d'avoir une connaissance plus approfondie de cette vie d'un autre temps, historique et surréaliste à la fois, et qui par de nombreux aspects me laissait perplexe et rêveuse.

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J'ai particulièrement accroché avec l'histoire d'Anne Boleyn dont le nom m'évoquait naturellement quelque chose mais dans le vague de mes souvenirs d'adolescente. 
Ce personnage d'une féminité absolue, emprunt d'un grand amour pour l'art, la mode et d'un goût non refreiné pour la nouveauté m'a tout de suite plu dans ce qu'il avait de novateur pour l'époque, de complexe et d'ambigu.
Avec une jeunesse hors du commun et une histoire en tant que reine encore plus impressionnante, forte et persuasive de caractère, esprit libre et ouvert pour son temps, femme sensuelle et maudite, mère et épouse déchirée mais politiquement engagée, Anne Boleyn n'avait absolument rien à envier aux grandes héroïnes romanesques que les écrivains se plaisent à inventer.
A l'image d'une Marie-Antoinette bien des années plus tard, elle semblait se perdre dans les méandres d'une personnalité troublée, partagée entre des talents multiples, l'amour des belles choses, un instinct avéré pour la manipulation et une réelle souffrance à peine dissimulée.
Sa mort par décapitation, dans une pieuse et noble simplicité enfin, n'a cessé d'accroître son image de femme mystérieuse et brillante, faisant d'elle un mythe à part entière, un emblème, un symbole.
La voie à un féminisme certain dans une société machiste où les femmes n'avaient guère de droit, encore moins de liberté.

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Après ces éloges explicites, inutile de préciser que j'aurais forcément du mal à trouver la série médiocre.
J'irais même jusqu'à la qualifier de très addictive.
Parce qu'on a beau en connaître la fin au tout début, on s'accroche tout de même et ce, dés les premiers épisodes.

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Certes, les Tudors présente pourtant quelques défauts que je me dois de souligner.
On notera parmi ces derniers, de petites fautes historique assez visibles, glissées de-ci-delà au sein du scénario et destinées apparemment à rendre l'intrigue plus romanesque et plus folle dans une volonté d'aventures qui ne s'essouffle jamais.
Ces erreurs dérangent certes parce qu'elles ne sont le reflet de rien, rien d'historique en tout cas, et qu'elles ont ce côté qui apporte peut-être un peu de piment à l'ensemble mais sans vraiment convaincre ni se montrer indispensable. Cependant, puisqu'elles sont destinées à servir un scénario plutôt cohérent, elles s'intègrent bien à l'ensemble et si je ne m'étais pas d'avantage penchée sur l'aspect historique, sans doute ne les aurais-je pas remarquées.
Je déplore  en revanche d'avantage les "couacs" chronologiques (concernant le règne de François Ier par exemple ou encore la vie de la soeur du roi) qui sont à mes yeux bien plus préoccupants que de simples erreurs volontaires vouées à servir le romanesque et qui auraient sans doute pu être évitées dans un souci historique certain...

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A l'instar de ces quelques reproches, la façon dont est traitée la série présente de nombreux points forts.
La production a décidé de faire de Henri VIII un personnage épique, très rock n' roll et tout en contradictions et si certains pourraient trouver que c'est un peu "too much", il me semble au contraire que c'est un bon moyen d'actualiser le côté historique en lui donnant cette petite touche actuelle qui le rend irrésistible aux yeux du public et qui plus est, met l'accent sur le tempérament a priori excessif qu'avait le roi en question.
L'aspect un brin provocateur, mêlant sensualité, sexualité et libertinage, s'épanouit pleinement dans ce cadre très fermé qu'est la Cour et que la série évoque sans tabous ni faux-semblants pour un plaisir des yeux qu'il serait dommage de ne pas noter.
On remarque aussi la part importante accordée à la réforme anglicane, captivante en elle-même dans tout ce qu'elle comporte de complots, trahisons, meurtres sous le manteau, exécutions et plus encore. Un côté politico-historique non négligeable car il donne lieu à de véritables intrigues dans l'intrigue, attirant les conspirations et les doutes et obligeant malgré lui le spectateur à prendre parti et s'intégrer à l'Histoire jusqu'à presque l'investir lui aussi.
L'Humanisme, quant à lui, se révèle fortement via le personnage de Sir Thomas More et permet, à travers tous les sujets qu'il développe au fil des épisodes, d'aborder cette philosophie sous un jour nouveau et surtout, de mieux la comprendre et la décomposer.

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Alors oui, je pourrais encore écrire des lignes et des lignes sur les Tudors, car de l'aspect politique à l'aspect sentimental, du côté historique à la déviation dans le romanesque, j'aurais évidemment beaucoup à dire et ce billet, bien que très long, n'en est qu'une brève esquisse.
En effet, plus le temps passe et plus je me passionne sur le sujet, me renseignant ici et là, arpentant documentaires et essais, à presque en délaisser l'Histoire de France que j'apprécie pourtant beaucoup!

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Je retiens de la série un gros coup médiatique mais éminemment réussi, puisqu'elle a su captiver et tenir en haleine sur un sujet qui n'était pas forcément évident à traiter et qui moins encore, risquait d'attirer un large public.
Pourtant, l'excellente mise en scène portée par un jeu d'acteur convainquant, le tout saupoudré de costumes à faire pâlir les plus fashion-addict d'entre nous (et ce n'est pas comme si je me sentais concernée...) a eu raison de la plupart des spectateurs, créant une addiction presque instinctive à l'image de la série Rome, mais en plus marquée encore.
Non évoqué également, l'aspect émotif qui, malgré nous, tend aussi bien à faire rire que pleurer tout au long des épisodes, suscitant alors des ressentis telle la colère, l'injustice, la révolte, la passion, la souffrance ou la résignation...
Toute une palette d'émotions qui se décline ainsi à l'infini, me faisant persister dans l'idée que cette série possède vraiment un impact très fort sur le spectateur et un don pour préserver son intensité intacte.
Enfin, la grande aventure des Tudors ne serait rien sans son souci du détail évident et sa galerie de personnages secondaires aussi intéressants qu'ils sont historiques, renforçant l'histoire de base d'une certaine crédibilité.

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Je mise donc beaucoup d'espoir sur les prochaines saisons (la troisième étant prévue pour 2009) qui chacune traiteront de l'une des femmes de Henri VIII et qui, je l'espère, ne me décevront pas.

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Désormais, hors de question de me pencher sur les Tudors pour un simple aspect esthétique parce que droguée de la série et plus encore de soif historique, mon étude s'égare bien au-delà, dans de mystérieux schismes religieux et le renouveau d'un pays dans la tourmente du pouvoir et de conflits politiques incessants.
J'effectuerai alors sans tarder et à répétition une plongée dans le passé du XVI ème siècle et tout ce qu'il comporte de dramatique mais aussi d'artistique (la série laisse en effet la part belle à la poésie, la musique et autres disciplines qui me tiennent à coeur), non sans quelques oeillades bien pensées à sa Majesté le Roi parce que naturellement, on ne se refait pas ^^

-Livy-

Absolument rien à voir avec ce billet mais une pensée évidente pour Ingrid Betancourt libérée hier après plus de six ans de captivité dans la jungle colombienne et une joie immense de la savoir enfin en vie et en liberté, plus courageuse que jamais.

Posté par livy_etoile à 08:00 - Séries-Addict et Mangavore - Commentaires [2] - Permalien [#]
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Commentaires

  • Je suis pas un très grand fan d'histoire (et pas très bon aussi, merci à ma mémoire exceptionnel). mais la série a l'air intéressante donc pour quoi pas.
    Le succès de la série tiens beaucoup à son interprète principal. Pas uniquement sur le coté "Sexy" mais vraiment sur le coté Rock' qu'il donne au personnage.

    Posté par John C., 05 juillet 2008 à 18:07
  • Le succès de la série est lié à tout un ensemble de paramètres à vrai dire, mais nul doute que Jonathan y soit pour beaucoup

    A méditer!

    Posté par -Livy-, 06 juillet 2008 à 17:00

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